samedi 29 juin 2013

La sécurité par la connaissance

Initialement publié le 31 janvier 2006 à 03:16:02

On va peut-être m’accuser de faire dans le catastrophisme, mais…

Selden a étudié la question de savoir si des terroristes pouvaient développer une bombe nucléaire, et sa réponse fut positive. […] Au départ ils n’auraient pas besoin de connaître quoi que ce soit sur les armes nucléaires, Selden et Dobson l’avaient prouvé. Il y a suffisamment d’informations sur Internet pour placer les terroristes sur orbite, après quoi ils devront tout de même faire leurs propres calculs de conception.

[…]

Le physicien Ted Taylor, qui clame depuis des décennies que la construction d’une bombe à fission est quasi un travail de garage, a dit en 1987 que même un équipement de potier est utile. Vous pouvez fabriquer du C4 admirablement bien sur un tour de potier. Dans quelle mesure est-ce facile pour un groupe terroriste de fabriquer une bombe ? Très facile, à souligner deux fois. Très facile… répond Taylor.

[…]

Dans son autobiographie, le prix Nobel Luis Alvarez a écrit : […] même un lycéen peut faire une bombe.

[…]

Jay Davis […], durant l’ère Clinton, essaya sans succès de convaincre les laboratoires d’armes de lancer une nouvelle version de l’expérience Énième Pays, cette fois en posant la question de savoir si un groupe terroriste pouvait construire la bombe. Bob Selden pense savoir pourquoi personne ne fut intéressé : lui et Dave Dobson avaient déjà répondu à la question voici quarante ans.

Ça fait peur ? Attendez, ce n’est pas tout.

Il est en effet plus facile de créer et de produire [un virus de grippe espagnole] à partir des informations publiées [sur un site Internet] qu’il ne le serait de créer et de produire une bombe atomique à partir d’un mode d’emploi détaillé (qui n’est pas accessible).

Pire encore, un tel virus pourrait tuer beaucoup, beaucoup plus de personnes qu’une bombe atomique. Explosant dans une ville cette dernière, pourrait tuer jusqu’à un million de personnes alors que le virus ferait des dizaines, voire des centaines de millions de victimes.

La bombe est facile à créer. La grippe espagnole, encore plus.

Que faire ? Prôner la sécurité par la connaissance : propager l’information pour que l’on puisse plus facilement se prémunir d’une éventuellement pandémie. On voit ce que l’absence de communication donne lors des catastrophes naturelles. Il n’y a pas de raison que ce soit mieux pour les catastrophes artificielles.

InternetActu étend un peu plus le débat. On entre finalement dans un questionnement que je qualifierais de philosophique (mais nullement désincarné !) sur la question de l’accès à la connaissance et des implications de la chose. Jusqu’où aller ? Aucune réponse n’est donnée, mais, sans user de formule rhétorique, l’avenir (proche) nous le dira.

Slashdot a un article similaire : Advances in Bio-weaponry. En gros, n’importe qui (everyone and his dog comme dit un commentateur) peut se créer une telle arme, il suffit de matériel de niveau lycée… (les commentaires signalent cependant à quel point il est difficile de propager la chose)

La citation à-peu-près-dans-le-sujet du jour : Si tu ne sais pas, demande. Mais si tu sais, partage.

vendredi 28 juin 2013

Le clonage n'anéantit pas la spécificité, il la renforce

Je pense qu'une conséquence inattendue et heureuse du clonage et plus généralement du transhumanisme sera de glorifier le vécu. La vidéo d'Equidia sur le clonage équin ci-dessous montre justement ceci (discours du propriétaire français, à 34:10).



Pour utiliser des termes scientifiques, il s'agit d'épigénétique. Si le XXe siècle a célébré la génétique, le XXIe célèbrera l'épigénétique, depuis ses aspects les plus scientifiques (les différences somatiques entre clones et jumeaux), jusqu'aux plus philosophiques (comment se transfigurer). N'est-ce pas justement la leçon de Bienvenue à Gattaca, dont le point d'orgue est quand le "frère mal-né" nage plus loin que son frère parfait ? On ne nait pas homme, on le devient ?


Bien sûr, nul besoin de transhumanisme pour ça. Avoir une handicap de naissance et se battre pour exister malgré lui est un accomplissement. Être un révolté dans une dictature aussi. Une fois n'est pas coutume, je ne dirais pas que le transhumanisme ajoute quelque chose ; je dirais qu'il ne le retranche pas.

Quand le corps est reproductible (soit à l'identique, soit en décidant), d'où vient l'originalité, ce qui nous rend unique ? Réponse : elle ne vient pas du corps (dont le cerveau), elle vient de ce qu'on en fait. Et en tant que partisan de "se retourner à l'article de sa mort et être fier du chemin parcouru", je ne peux qu'acquiescer.

mardi 25 juin 2013

Niveaux de chocs du futur

Une échelle des chocs du futur (SL). Jargon utile pour résumer une conversation, savoir jusqu’où aller avec un auditoire… Évitez de parler de quelque chose qui se réfère à une technologie supérieure de plus d’un niveau de SLde ce que la personne est prête à accepter.Si quelqu’un a du mal avec la réalité virtuelle (SL 1), vous pouvez aborder l"immortalité médicale (SL 2), mais pas le téléchargement de la pensée (SL 3).

J’ai ajouté les SL -3, qui n’est disponible nulle part, et SL 5, inspiré du Bras d’Orion, et modifié de façon importantes certaines interprétations (nanotechnologie moléculaire au lieu de simplement nanotechnologie).

SL -3 : Peuplades « primitives »

  • Utilise de la technologie préhistorique, puisqu’il n’y que très exceptionnellement de la lecture. Civilisations fragiles pour lesquelles l’évolution technologique n’est ethnologiquement pas souhaitable
  • Migrations annuelles vers le prochain niveau : peu, mais déjà trop.
  • Indiens d’Amazonie, tribus africaines, Mélanésiens, Yanomamis, enfants sauvages…

SL -2 : Réfractaires du Sud

  • Utilise surtout de la technologie d’il y a un ou deux siècles. Très important analphabétisme.
  • Migrations annuelles vers le prochain niveau : 20 000 000+.
  • Technophobes, ruraux et réfractaires des PVD.

SL -1 : PVD

  • L’habitant moyen des PVD, les technophobes des pays développés. Technologie d’il y a une cinquantaine d’années. Illettrisme fréquent. Forte distinction humanité/technologie, science/religion, divin/humain
  • Migrations annuelles vers le prochain niveau : 10 000 000+.
  • Technophes des pays industrialisés, majorité des habitants des PVD.

SL 0 : Vie quotidienne

  • Le type moyen, à l’aise avec un téléphone ou une voiture. Souvent partisan de la dichotomie humanité/technologie, qui rend très difficile l’acceptation du SL 2.
  • Migrations annuelles vers le prochain niveau : 2 000 000+.
  • La majorité des gens, les téléphages, journalistes, politiciens.

SL 1 : Demain

  • Réalité virtuelle, prospective du dimanche, limites de la technologie actuelle.
  • Migrations annuelles vers le prochain niveau : 20 000 – 200 000.
  • Curieux, rôlistes, scientifiques, programmeurs, technophiles.

SL 2 : Après-demain

  • Immortalité médicale, voyages interplanétaires, modifications génétiques, extra-terrestres.
  • Migrations annuelles vers le prochain niveau : 1 000 – 50 000
  • Le fan de SF moyen.

SL 3 : Transhumanisme

  • Nanotechnologie moléculaire, IA de niveau humain, ghost computing (transfert de la pensée dans un ordinateur), modifications corporelles radicales, modifications intellectuelles mineures, voyage intergalactiques.
  • Migrations annuelles vers le prochain niveau : 100 – 1 000
  • Extropiens et transhumanistes.

SL 4 : Posthumanisme

  • Singularité, cerveaux joviens, modifications intellectuelles radicales, posthumanité.
  • Migrations annuelles vers le prochain niveau : ?
  • Singularitariens.

SL 5 : Singularités ultérieures



Sources


Une allégorie trouvée chez Billaut :

Ce que je lis sur certains blogs me fait penser au film Rencontre du 3e type : des personnes sont « réveillées » et se mettent à voir dans leurs rêves une même montagne. Ils la dessinent tous sous un angle différent, mais ils voient bien la même chose, alors et ils lèvent et se mettent en route…

lundi 24 juin 2013

Argent-métal : pourquoi et comment investir

C'est le bon moment pour acheter des 50 francs Hercule et les garder 12 ans. En effet, l’argent-métal[1] est particulièrement peu cher et sera bientôt particulièrement cher (pas juste normal ; cher). Et en le gardant 12 ans et en optant sur la taxation sur les plus-values réelles, vous ne paierez aucun impôt à la revente (lire Impôts sur les plus-values, ci-dessous).

Une version Word de ce document est également disponible.

Explications

Historiquement (pendant 873 ans) le taux de l’argent était de 1/16 (1 pièce d’or achète 16 pièces d’argent). Il est aujourd’hui de 1/40 (donc, particulièrement peu cher) pour plusieurs raisons et sera bientôt de 1/10 (particulièrement cher).

Pourquoi est-il de 1/40[2] ? Je ne sais pas vraiment (et ça m’embête de ne pas savoir). Une des raisons est probablement que les métaux précieux[3] sont les ennemis des banques : elles peuvent faire dire n’importe quoi à un bout de papier mais, quand il n’y a plus d’or, il n’y plus d’or, point barre. Elles ne sont pas alchimistes et donc essaient de détourner les épargnants de l’or en le décrédibilisant.

Pourquoi sera-t-il de 1/10 ? Parce qu’on n’extrait[4] « que » dix fois plus d’argent que d’or tous les ans[5]. De plus, contrairement à l’or, l'argent n'a pas de produit de substitution dans l’industrie (son principal utilisateur) ; la demande industrielle est en constante croissance[6], [7], le minerai se raréfie et la crise du pétrole impacte négativement l’extraction minière de ce même minerai déjà appauvri (les machines fonctionnent au Diesel)[8]. Cette absence de produit de substitution ne justifie pas la rareté (après tout, l’oxygène non plus n’a pas de produit de substitution), mais si l’argent-métal devient rare, on ne peut pas y couper. Et c’est ça qui importe.

Pourquoi de l’argent-métal physique ? Parce que les titres papier ne valent rien du tout. Ils dépendent de la confiance que vous faites aux banques – ça vous rappelle quelque chose ? Et les banques sont expertes pour faire dire n’importe quoi aux chiffres, nous l’avons appris dans la douleur – et comme elles n’aiment pas les métaux précieux (cf. supra), elles ont tout intérêt à faire croire qu’ils ne valent pas le coup plutôt qu’à faire croire qu’ils valent le coup. Alors qu’avec de l’argent physique dans un coffre[9], vous êtes tranquille.

De l’argent(-métal) oui, mais comment ?

Je vous ai dit pourquoi il vaut mieux acheter du métal précieux. Je vous ai aussi expliqué pourquoi de l’argent-métal plutôt que de l’or, du palladium… Enfin, je vous ai expliqué pourquoi l’acheter sous forme physique plutôt que sous forme papier.

Il me reste un dernier point à vous détailler : la forme exacte de votre argent physique. Ça peut être du lingot (ou lingotin), des pièces de monnaies ou de l’argenterie (et la bijouterie).

Je ne peux pas vous dire pour l’argenterie, mais j’aurai tendance à m’en éloigner. Les lingots sont chers et la fiscalité française les rend moins intéressant sur le long terme que les pièces de monnaie. Donc, les pièces de monnaie. C’est le mieux et je vous conseille en particulier[10] la 50 francs Hercule. Pourquoi ?

La pièce de monnaie, démonétisée

Les pièces de monnaie françaises qui ont été démonétisées (ce qui veut dire qu’elle n’a plus court, vous ne pouvez plus acheter une baguette avec) ne sont pas assujettie à la TVA de 19,6 % que vous devez payer au moment de la revente[11].

Mais ne croyez pas que l’État ne touche pas son pécule pour autant. Auparavant, il y avait une TVA spéciale de 8 %, bien avantageuse. Aujourd’hui, sous prétexte de simplification, c’est une taxe sur le prix de vente de 8 % (c’est-à-dire que les 8 % ne portent plus sur la plus-value comme pour la TVA, mais sur la valeur de vente — si vous achetez à 830 euros et revendez à 950 euros, vous êtes taxés sur les 950 euros, pas sur les 120 euros de différence). L’État sort gagnant de l’affaire, mais ça reste plus intéressant qu’une TVA à 19,6 % dès lors que vous vendez au double (ou presque) de votre achat… ce qui, vu la conjoncture sur l’argent-métal détaillée plus haut est très probable — sauf si l’État change les règles du jeu encore une fois, par exemple en passant la taxe sur le prix de vente de 8 % à 13 %.

Le tableau ci-dessous illustre tout ceci.

Tableau comparatif de la pertinence de choisir la taxe à 8 % ou la TVA à 19,6 %, selon les cas

En revanche, contrairement à l’or, l’argent-métal n’est pas exonéré de droits de douane. Laissez-le dans l’Union européenne !

Impôts sur les plus-values

Mieux encore : si vous décidez de garder cet argent-métal[12] au moins 10 ans de le déclarer à la taxe sur le régime des plus-values réelles, alors vous paierez encore moins d’impôts[13]. L’idéal est de le revendre au bout de 12 ans : vous ne paierez alors aucun impôt – j’ignore si on peut ainsi vendre son patrimoine d’argent-métal à ses enfants et ainsi échapper aux frais de succession…

Attention : pour pouvoir prétendre à cette taxe, il faut impérativement que vous conserviez vos factures (pas juste un ticket de caisse, il faut le nom) !

Illustration de la réduction du taux, année après année

Étant un grand optimiste, j’ose espérer que la raison d’être de cette loi n’est pas l’évasion fiscale, mais de permettre à l’État, via ses citoyens, de moins dépendre de la mainmise des banques. I killed the bank, aurait déclaré Andrew Jackson, septième président des États-Unis, sur son lit de mort.

La 50 francs, indexée sur le cours de l’argent-métal

Il est conseillé de « rester sur le même type de pièce pour toute votre collection, puisqu’il sera beaucoup plus difficile de revendre des pièces hétéroclites, que des lots entiers »[14].

Ça tombe bien, il y en a une au-dessus des autres : la 50 francs Hercule (1974-1980). Cette pièce (et celle-ci uniquement) a une particularité que n’ont pas les autres pièces (y compris d’argent) : c’est que son prix est indexé sur le prix de l’argent et non sur sa valeur de collection (la 50 francs Hercule est trop courante pour être prisée des collectionneurs). Comme le prix de l’argent est terriblement sous-évalué (voir plus haut), c’est tout bénéf’ pour l’acheteur. Encore une fois, vous ne trouverez pas cet avantage sur d’autres pièces.

Conclusion

Achetez des 50 francs Hercule et ne vendez qu’après avoir doublé votre mise. Décidez d’un montant à investir à intervalles réguliers et n’en dérogez pas. Cela servira à vous débarrasser de la mentalité « trader » et vous inculquera plutôt la mentalité d’investisseur.


  1. Argent-métal : le métal appelé « argent » (Ag pour les chimistes) et non l’argent dans le sens de « la monnaie ».
  2. 1/50 selon certains, et même 1/62.
  3. Or et argent bien sûr, mais aussi platine, cuivre, palladium…
  4. 40 % vient des mines d’argent, 30 % des mines de plomb, 20 % des mines de cuivre, 7 % des mines d’or et 3 % des mines d’aluminium. Le coût de production de l’argent-métal reste stable à 5 $ pour une once d’argent. (source)
  5. Oubliez le recyclage : le recyclage industriel est trop couteux et la fonte des objets en argent et la récolte de l’argent électrolytique sont négligeables.
  6. L'argent, de son côté, disposera cependant d'un potentiel de cours plus élevé sur le long terme, étant donné que la demande industrielle est en constante croissance. (source).
  7. Après le pétrole, il s’agit aujourd’hui de la matière première la plus utilisée. (source).
  8. Sur ce point cependant, je fais confiance aux biocarburants et autres sources d’énergie pour prendre la relève.
  9. Si vous voulez être sûr de revoir votre argent, ne le mettez pas dans un coffre de banque !
  10. Et les professionnels aussi.
  11. Article 256 du code général des impôts : Sont considérés comme des monnaies et billets de collection, les pièces en or autres que celles visées au 2 de l'article 298 sexdecies A en argent ou autre métal, ainsi que les billets qui ne sont pas normalement utilisés dans leur fonction comme moyen de paiement légal ou qui présentent un intérêt numismatique
  12. Ça s’applique aussi aux lingots mais ces derniers restent moins intéressants : ils sont soumis à TVA, contrairement aux pièces. Et puis, allez revendre un lingot, même d’argent…
  13. Cette taxe comprend en fait 19 % de taxe sur les plus-values, 8,2 % de CSG, 0,5 % de CRDS, 3,4 % de prélèvement social, 0,3 % de taxe « solidarité autonomie » et 1,1 % de taxe pour le financement du RSA. Ce total de 32,5 bénéficie de 10 % d’abattements cumulatifs chaque année à partir de la troisième incluse – (source)
  14. http://www.47carat.com/faq-metaux-precieux/

dimanche 23 juin 2013

Une voix inoubliable : Luc Arbogast (Domus)

Initialement publié le 19 janvier 2007 à 19:10
Je suis récemment allé au salon médiéval d’Herblay. Comme tout salon, celui-ci rassemblait beaucoup d’exposants et quelques animations. Comme tout salon médiéval, les rencontres y furent agréables et surprenantes, et les animations tout autant.

Puis il y eut le banquet (bouquet?) final. Non, malgré la construction de cette phrase, ce ne fut pas ce qui fit tout capoter.

Bien au contraire. Ce fut superbe.

Le banquet en lui-même fut très agréable, mais ce n’est tant de celui-ci ou même de la très compétente troupe d’animateurs/serveurs/cuisiniers1 que je veux parler. Non, ce dont je veux vous parler, c’est de Luc Arbogast.

Trouvère

Luc Arbogast, Alsacien d’une trentaine d’années, est un grand gaillard qui fume. Crâne rasé, moustachu et tatoué, on le verrait bien dans du heavy metal quand on voit son physique de bucheron et ses tatouages…. Sauf que son truc à lui, c’est la musique médiévale.

Et que c’est un contre-ténor.

Contre-ténor, c’est l’une des voix les plus élevées pour le registre masculin2. À une demi-douzaine d’exceptions près – les sopranistes –, c’est le plus haut que puisse aller un humain mâle (voir ma typologie des tessitures). Si vous connaissez Klaus Nomi, autre voix ahurissante, alors, vous aurez une idée de ce que ça donne.

Maintenant, imaginez un tel gaillard chanter en falsetto (fausset, voix de tête), sans micro dans une salle pas faite pour, le tout assis (donc avec une moindre capacité) et en jouant de la mandoline. Dans le noir, devant une assistance ébahie.
Difficile à décrire, vraiment. Inoubliable, sûrement. Pour mieux juger, sachez que dans les extraits de l’album Fjall d’Yr Vinur (2005), c’est la même personne qui chante et qui parle 3.

Régalez-vous.

Vidéos


Luc Arbogast par Mr_H

Luc Arbogast -DOMUS par scrab
luc_arbogast par Fonzie67

Si vous vous posez la question : son instrument principal, ce n’est ni une mandoline, ni une pandore, mais un bouzouki irlandais un peu plus ancien que son homologue grec (son exemplaire date de 1902 […] et a gagné un prix dans les années 20). Les autres sont des tambourins et des bodhrans. Quant à son vêtement du bas, c’est une jupe de cavalerie thaïlandaise. Mais dans quelles langues chante-t-il ? Occitan (non), aquitonien (impossible, on ne connait plus cette langue), portugais (je connais peu, mais ça n’ai pas l’air), sarde ? Et bien non, rien de ceci :

Les textes sont écrits dans une langue que Luc s’est forgée. Les mots ont une musique, mais aussi une signification pour lui (et pour tous ceux qui sont sous le charme).

Photos

Excalembour — chapelle
Excalembour — concert
Danse
Luc
Luc et Mélusine
Mélusine Arbogast
Luc Arbogast
Parvis de la cathédrale de Strasbourg (1)
Parvis de la cathédrale de Strasbourg (2)

Liens

Je vous laisse avec un message de Luc Arbogast lui-même.

Bonsoir.

Le fait de vendre mes disques dans la rue répond à une demande du public.

Je ne compte plus les années passées à répondre que je n’avais rien à proposer que ma simple musique… et puis le temps a passé, et les portes se sont doucement ouvertes une par une. Aujourd’hui je peux proposer mes disques sur simple demande sur domus.atelier@laposte.net. Voilà.

P.-S. : Un nouveau disque est en cours d’enregistrement.

Vous pouvez acquérir son CD en le contactant directement. Mais je vous conseille de le voir en vrai.

Domus, domus.atelier@laposte.net (rarement relevée)
06 21 24 06 88
Parvis de la cathédrale de Strasbourg, les samedi après-midi
Grâce à Accrofolk, j’ai le nom des trois albums de Luc Arbogast :
  • Fjall d’yr Vinur (2003)
  • Domus (2004)
  • Ogham (bientôt)
Ils en parlent mais ne me le disent pas, les petits cachottiers :

Depuis que j'ai rédigé cet article (il y a six ans#&x202f;! que le temps passe vite…), Luc Arbogast est passé à The Voice


  1. Si, si, tout ça à la fois ! CDACM, si vous voulez les contacter.
  2. Selon d’autres personnes, Luc est plutôt haute-contre, c’est-à-dire un contre-ténor chantant en voix de tête.
  3. Dans de rares occasions, sa femme chante aussi.

Is Google building Forever Cars?

I wanted to write about an old feeling of mine (around 10 years old now).

In his major novel Ring around the Sun, Clifford D. Simak introduces Forever Cars. Forever Cars are higly advanced cars sold at a ridiculous price. They last very long, cost very few and plans are possible for those who can't purchase them. They are perfect and cheap.

What's the catch? Why would someone produce a highly advanced piece of tech and give it (almost) for free?

Remind you of someone? Hint: it starts with a G.

In Ring Around the Sun, Forever Cars are an example of "too good to be true" - their manufacturer's hidden agenda is to destroy the world economy. Several years ago, I wondered the same about Google. How could they give all of this for free (even by internet standards, they're cheap)? Yeah, I know. Ads. Still…

And, from time to time, even now that I am a Google Apps system administrator, I'm still wondering.

Is Google building Forever Cars?

samedi 22 juin 2013

Citoyenneté d'entreprise

https://plus.google.com/107266737312698360485/posts/hUjczf3g1Nv

On l'aura compris, Schmidt n'a pas mentionné les gouvernements, car il ne croit pas en leur pertinence dans la gestion des technologies… et ne tient pas à les subir en tant que représentant d'une entreprise.

Que reste-t-il aux États ?

De moins en moins de choses à mon sens. Et vous savez quoi ? Je ne les pleurerai pas. Pas que je sois libertarien ou anarcho-capitaliste, bien au contraire. Mais parce que la classe politique dans son ensemble est révoltante (je sais qu'il y a des exceptions, même si trop peu). Je vais voter à chaque élection ou presque. Et j'ai une conscience politique, je suis même rentré en politique à plusieurs reprises. Et pourtant…

Quand on voit que la Belgique a tourné des mois entiers sans gouvernement

Quand on voit que la corruption semble être une seconde nature dans la classe politique

Quand on voit que le gaspillage et l’inefficacité n'est pas loin derrière (j'ai travaillé dans des administrations centrales)

Quand on voit que les citoyens sont obligés de faire le travail des États (j'ai travaillé dans l'économie sociale et solidaire)

Quand on voit que Disney à des pouvoirs quasiment étatiques (il parait que Samsung en Thaïlande, c'est pire)

Quand on voit que Vive la nation est presque devenu une injure, qu'un nationaliste est quelqu'un de dangereux et un patriote limite un arriéré mental
Quand, enfin, on sait combien la science-fiction peut être une prospective non castrée,

Alors on réfléchit et on prend peur en lisant ceci :

[Dans le monde de Cyber Age] Un homme peut donc avoir une double natio­na­lité, celle de son ensemble d’origine ou de son pays, et celle de son Tech­no­Bloc. […] Pre­nons l’exemple d’un habi­tant de Paris, né en France. Il paye des impôts locaux qui lui donnent la pro­tec­tion rela­ti­ve­ment faible de la police pari­sienne. Il peut se décla­rer Fran­çais, auquel cas il n’aura que peu de recours en cas de pro­blème grave. […] Ce même citoyen, s’il est employé du Tech­no­Bloc Paris­Bas (par exemple), dont le siège social est à La Défense, peut deman­der un rat­ta­che­ment de natio­na­lité à ce Tech­no­Bloc. En termes simples, cela veut dire que le citoyen n’a plus à payer d’impôts natio­naux à la France, et qu’il est placé sous la juri­dic­tion de la milice de son propre Tech­no­Bloc. En consé­quence de quoi, tout pro­blème cri­mi­nel est suivi par cette milice.

C'était il y a quinze ans (Max Headroom). Maintenant, mesdames et messieurs qui prenez les transhumanistes pour des "excités de la carte graphiques", je vous prierai de réfléchir un peu.

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