samedi 1 septembre 2012

Les batailles de Microsoft

Embrace, extend and extinguish.

Méfiez-vous de Microsoft. Quand ils entrent dans un domaine, ils sont à la traine, mais à force d’essayer, ils finissent par devenir numéro un.


L’arrivée d’un nouvel hyperviseur avec Windows 2012  chez Microsoft doit être perçu comme une stratégie d’affrontement, qui se reproduit à l’identique depuis 1998. Le processus est toujours le même. Encore peu présent dans le monde  malgré une entrée discrète en 1996, Microsoft lance en 1998 dans lequel, bien caché au fond du noyau, un navigateur (IE) fait son apparition.

Navigateur impossible à sortir de Windows et que l’on ne peut donc qu’activer ou désactiver. Il sonne pourtant le glas d’un Netscape qui revendique à l’époque plus de 90 % du marché : les usagers ne voient plus l’intérêt d’installer « quelque chose d’étranger », qui plus est payant, alors qu’IE est gratuit et fait la même chose.

On connait la suite pour Netscape et son rachat par AOL. En 2000, bis repetita : dans un marché des réseaux dominé par l’OS Netware de Novell, Microsoft introduit Windows 2000, dans lequel l’annuaire Active Directory lui donne la capacité de gérer les machines et les utilisateurs du réseau. Netware étant payant et fondé sur une pile protocolaire spécifique, IPX/SPX, les DSI s’en écartent progressivement au profit d’un Active Directory, compatible LDAP, intégré au noyau Windows et apparemment gratuit. Novell, là encore, ne disparaît pas, mais se transforme en une société d’intégration Open Source et finit par être racheté par Attachmate.

À partir de 2003, le champ de bataille se déplace vers les applications. Alors que Java et ses frameworks semble portés par la communauté et promis au plus grand avenir, Microsoft lance .Net, qu’il intègre dans ses OS : 2003, Vista, etc., d’une manière insidieuse d’ailleurs, faisant croire par exemple que Vista est un simple OS alors qu’il est avant tout une plateforme applicative, qui donne aux développeurs les outils nécessaires pour développer des applications clientes ou serveurs, sans passer par les fourches caudines d’un framework étranger comme Java xE, qui plus est compliqué. Résultat : à partir de 2005, plus de 50 % des nouveaux projets se font sur une base .Net.

Hyper-V doit être perçu en continuité de cette stratégie. Ce que veut Microsoft, c’est se substituer à ses concurrents, en arguant du fait que son hyperviseur fait partie de l’OS et qu’il suffit de l’activer et de le paramétrer pour en bénéficier. Avec l’arrivée de Windows 2012, Hyper-V dispose de fonctionnalités de haut niveau, qui donnent du poids aux arguments de l’éditeur, la cible désignée étant VMware. Et probablement faut-il s’attendre à ce que son marché se développe, Hyper-V ayant déjà été installé dans près de 25 % des infrastructures, souvent en compagnie d’un VMware qui a évidemment du souci à se faire.

Windows News, septembre 2012, p. 43

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